Annecy
Cinéma Italien 28 SEPTEMBRE - 5 OCTOBRE 2010.



:: Hommage à Gabriele Ferzetti


Hommage à Gabriele Ferzetti s’articule autour de la présentation d’une sélection de ses films, signés Mario Soldati, Michelangelo Antonioni, Florestano Vancini, Elio Petri, Antonio Pietrangeli, Sergio Leone…


Né à Rome en 1925, Gabrielle Ferzetti obtient de petits rôles dès 1942, par exemple dans Via delle cinque lune de Luigi Chiarini. Plus tard, on le retrouve dans L'Évadé du bagne de Riccardo Freda (1948) et Cuore ingrato de Guido Brignone (1952).

La même année, sa carrière commence vraiment : il interprète le rôle du protagoniste dans La provinciale de Mario Soldati. Aux côtés de Gina Lollobrigida, il campe avec finesse un personnage antipathique. Reconnaissance importante de son talent, le film lui vaut le Nastro d'Argento pour le meilleur acteur. Il perfectionne ensuite son personnage d'élégant séducteur, ambigu mais charmant, dans plusieurs mélodrames et comédies populaires, dont Puccini (Carmine Gallone, 1953), Il sole negli occhi (Antonio Pietrangeli, id.), Casa Ricordi (Gallone, 1954), Le avventure di Giacomo Casanova (Steno, 1954) .

il y donne une interprétation toute en finesse du séducteur vénitien , Femmes entre elles (Michelangelo Antonioni, 1955), Donatella (Mario Monicelli, 1956), Les Époux terribles (Nata di marzo, Pietrangeli, 1958).

Le sommet artistique de sa carrière lui est offerte par Antonioni avec L'Avventura en 1960 : aux côtés de Monica Vitti, il joue le rôle d'un architecte à la recherche de sa maîtresse disparue et incarne avec subtilité une image de mâle autodestructeur dans lequel se lie la modernité du cinéma antonionien.

En mûrissant, Ferzetti accroît sa force expressive, par exemple dans La lunga notte del’43 (1960) et La calda vita (1963), deux films de Florestano Vancini. En 1966, Ettore Scola lui donne le rôle majestueux de Laurent la Magnifique dans L’Arcidiavolo. De plus en plus maître de ses moyens, Ferzetti interprète à contre-emploi des personnages de « méchant » dans À chacun son dû d’Elio Petri (1967) et dans Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone (1968).

Ouvert à de nouvelles expériences, on le voit aussi en père de famille dans des films de jeunes cinéastes : Escalation (Roberto Faenza, 1968) ; Merci ma tante (Salvatore Samperi, id.). Dans Appassionata (Gian Luigi Calderone, 1974), il se montre encore capable de séduire les voluptueuses Ornella Muti et Eleonora Giorgi. En 1987, vieilli, il interprète dans Julia et Julia de Peter Del Monte le rôle du père de l'héroïne (Kathleen Turner). En 1998, il remplace Vittorio Gassman malade dans Miss Italia de Dino Risi : il y est le vieux beau qui suit le concours de Miss Italie. Récemment, on l’a encore vu dans Io sono l’amore (Luca Guadagnino, 2009), film qui vient de sortir dans les salles françaises, et Diciotto anni dopo (Edoardo Leo, 2010), film en compétition cette année à Annecy.

Rappelons qu’il a également mené une brillante carrière au théâtre et qu’il y a recueilli de nombreux succès.
Ainsi, au cours de plus de cinquante ans de carrière et une centaine de films, Gabriele Ferzetti a été un des acteurs les plus aimés du public, une de ces figures de référence pour définir un mélange de charme et de cynisme, un type d’individu dont le cinéma italien a toujours été friand.

J.A.G.

 

Gabriele Ferzetti
Bonlieu Scène Nationale
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